REVUE MALGACHE DE BIOLOGIE CLINIQUE

Revue Malgache de Biologie Clinique (2) 2025 : 007-011

ARTICLE ORIGINAL

Prévalence et facteurs associes à la dyscalcémie au laboratoire de biochimie du centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona Antananarivo en 2022

Prevalence and factors associated with dyscalcemia at the biochemistry laboratory of Joseph Ravoahangy Andrianavalona University Hospital, Antananarivo, 2022

Revue Malgache de Biologie Clinique (2) 2025 : 007-011

LM Rakotondraoelina 1,2, FH Rakotonjafiniarivo1,3, M Soja Rakotomalala1, MK Ranaivosoa1,3

  1. Faculté de Médecine de l’Université d’Antananarivo, Madagascar
  2. Laboratoire de Biologie Médicale du Centre Hospitalier Universitaire Anosiala, Antananarivo Madagascar
  3. Laboratoire de Biochimie du Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona Antananarivo, Madagascar

Auteur correspondant :

Faralahy Harisolofo RAKOTONJAFINIARIVO

e-mail :kotonjafi@yahoo.fr

Téléphone : +261 34 62 412 17

Adresse : Logt 365 Cité Analamahitsy, Antananarivo 101 Madagascar

Résumé

Introduction : La dyscalcémie reflète des troubles biologiques parfois graves. Cette étude visait à déterminer la prévalence et les facteurs associés de la dyscalcémie au Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona Antananarivo, Madagascar.

Méthodes : Il s’agit d’une étude transversale à visée descriptive et analytique incluant tous les dossiers des patients comportant un dosage de calcémie plasmatique de Janvier à Décembre 2022. Les dosages ont été réalisés par méthode colorimétrique ARSENAZO III, corrigés selon l’albuminémie. L’hyper et l’hypocalcémie ont été catégorisées en fonction de leur sévérité.

Résultats : Sur 1235 demandes, la calcémie moyenne était de 2,63 ± 0,32 mmol/L. La dyscalcémie concernait 53,27 % des patients : hypercalcémie dans 48,74 % des cas et à majorité légère, hypocalcémie dans 4,53 % des cas et essentiellement modérée. Le cancer évolutif était associé à l’hypercalcémie (OR=1,43 ; IC à 95% = [1,13 – 1,82] ; p=0,00288).

Conclusion : La prévalence élevée de la dyscalcémie retrouvée dans cette étude souligne l’importance du dosage de la calcémie dans le cadre d’un dépistage systématique ou d’un suivi et particulièrement chez les patients cancéreux. Des études multicentriques permettraient de cerner l’impact clinique de la dyscalcémie dans le contexte malgache.

Mots-clés : dyscalcémie, hypercalcémie, hypocalcémie, Madagascar

 

ABSTRACT

Introduction: Dyscalcemia reflects biological disorders that can sometimes be serious. This study aimed to determine the prevalence and associated factors of dyscalcemia at the Joseph Ravoahangy Andrianavalona University Hospital Center in Antananarivo, Madagascar.

Methods: This is a descriptive and analytical cross-sectional study including all patient records with plasma calcium measurements from January to December 2022. The measurements were performed using the ARSENAZO III colorimetric method and corrected for albuminemia. Hypercalcemia and hypocalcemia were categorized according to their severity.

Results: Out of 1,235 requests, the average blood calcium level was 2.63 ± 0.32 mmol/L. Dyscalcemia affected 53.27% of patients: hypercalcemia in 48.74% of cases, mostly mild, and hypocalcemia in 4.53% of cases, mostly moderate. Progressive cancer was associated with hypercalcemia (OR=1.43; 95% CI = [1.13–1.82]; p=0.00288).

Conclusion: The high prevalence of dyscalcemia found in this study highlights the importance of measuring calcium levels as part of routine screening or follow-up, particularly in cancer patients. Multicenter studies would help to determine the clinical impact of dyscalcemia in the Malagasy context.

Keywords: dyscalcemia, hypercalcemia, hypocalcemia, Madagascar

 

INTRODUCTION

La dyscalcémie ou perturbation de l'homéostasie du calcium est une anomalie biochimique fréquente dans le milieu hospitalier [1]. Le calcium est le minéral le plus abondant dans l'organisme et il est impliqué dans de nombreux processus biologiques et enzymatiques, notamment la contraction musculaire, la conduction nerveuse, la coagulation sanguine et la signalisation cellulaire [2].

L’exploration biologique de routine reflétant la concentration du calcium dans l’organisme est le dosage de la calcémie totale. Cette dernière représente la somme du Calcium ionisé ou libre (forme active, 47 % du Ca total) et du Calcium lié (lié principalement à l’albumine), forme privée d’activité biologique, 53 % du Ca total) [3]. Seules les variations du Ca ionisé sont pathologiques mais la détermination de la calcémie totale reste l’examen le plus souvent prescrit [4].  

La dyscalcémie est constituée soit par une hypercalcémie, soit par une hypocalcémie et elle est responsable d’une morbidité importante [5]. Dans les cas sévères, l’hypocalcémie peut évoluer vers une tétanie, des convulsions ou des troubles de rythme cardiaque [6]. Quant à l’hypercalcémie, les complications peuvent être à type d’arythmie, de pancréatite et d’insuffisance rénale aiguë [7]. La prévalence de la dyscalcémie dépend de l'environnement spécifique de l’individu  [8] et à Madagascar, les données relatives à cette prévalence et aux caractéristiques de la dyscalcémie sont très limitées.

Cette présente étude a pour objectifs de déterminer la prévalence de la dyscalcémie dans un laboratoire de biochimie d’un centre hospitalier situé dans la capitale de Madagascar et de décrire le profil et les facteurs associés à cette dyscalcémie.

MÉTHODES

Il s’agit d’une étude transversale à visée descriptive et analytique ayant considéré les dossiers médicaux de tous les patients ayant demandé le dosage du calcium total plasmatique durant la période allant de Janvier 2022 à Décembre 2022 au Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA) Antananarivo, Madagascar. L’échantillonnage a été exhaustif et tous les âges ont été considérés. Les dossiers médicaux comportant des résultats de calcémie ont été inclus, tandis que ceux dont les informations nécessaires à l’exploitation des variables de l’étude étaient incomplètes ont été exclus.

 Le dosage de la calcémie a été réalisé au service de Biochimie du CHU JRA sur l’automate BS-300® (Mindray, Shenzhen, Chine) selon la méthode colorimétrique Arsenazo III. Toutes les mesures ont été corrigées en fonction du taux d'albumine sérique selon la formule : Calcémie corrigée = Calcémie mesurée + 0,020 (40 – albuminémie) si l’albuminémie est inférieure à 40g/L ou Calcémie corrigée = Calcémie mesurée + 0,02 (albuminémie - 45) si l’albuminémie est supérieure à 45g/L. Selon les valeurs de référence adoptées au laboratoire de Biochimie du CHU JRA, l’hypercalcémie est définie par une calcémie totale supérieure à 2,60 mmol/L et en fonction de leur sévérité elle est classée en légère : entre 2,60 à 3,00 mmol/L, modérée : entre 3,00 à 3,50 mmol/L et sévère : 3,50 mmol/L [9]. L’hypocalcémie quant à elle, est définie par une calcémie inférieure à 2,20 mmol/L et subdivisée selon sa sévérité en hypocalcémie légère : entre 2,00–2,09 mmol/L, modérée : entre 1,87–1,99 mmol/L et sévère : < 1,87 mmol/l] [10]. Étant donné le caractère rétrospectif de cette étude portant exclusivement sur des résultats biologiques déjà existants, sans intervention ni contact direct avec les patients, le recueil d’un consentement libre et éclairé n’a pas été requis.

Le logiciel Epi-Info 7.2 a été utilisé pour l’analyse statistique et le test de Chi-2 pour la corrélation entre le critère de jugement et le facteur d’exposition avec un seuil de signification fixé à 0,05 (p < 0,05). L’Odds Ratio (OR) a été utilisé pour la mesure d’association entre deux variables avec un intervalle de confiance à 95% et un risque d’erreur 5%.

Un biais de mesure pourrait constituer une limite pour cette étude car les données sur le dosage du calcium ionisé et la variation du pH n’ont pas été disponibles.

RÉSULTATS

Durant la période d’étude, 1235 demandes de dosage de la calcémie ont été étudiées. La calcémie moyenne a été de 2,63 ± 0,32 mmol/L. La dyscalcémie a été retrouvée chez 658 individus, soit une prévalence de 53,27% des demandes. Ce désordre calcique se répartit avec une hypercalcémie dans 48,74% des cas et une hypocalcémie dans 4,53% (Figure 1).

Figure 1 : Répartition de la dyscalcémie et leur sévérité

Pour l’hypercalcémie, le sex-ratio est de 0,58 avec un âge médian des patients de 54 [2 – 88] ans et une prédominance pour la tranche d’âge de 60 à 70 ans (13,28%). La forme légère a été majoritairement retrouvée dans 75,91% des cas (n=457).

Pour l’hypocalcémie, le sex-ratio est de 0.4 avec un âge médian de 52 [4 – 84] ans et une prédominance pour la tranche d’âge entre 50 et 60 ans (n=13). L’hypocalcémie est modérée dans la majorité des cas (89,28% ; n=50) (Tableau I). L’hypocalcémie a été retrouvée dans 4,53% (n=56), surtout dans le cadre de bilan d’exploration, de contrôle, de suivi post-opératoire et dans le contexte d’asthénie.

Les patients en externes (50,36% ; n=622), les patients hospitalisés en service d’oncologie (17,57% ; n=217) et en service de réanimation médicale (5,99% ; n=74) ont été les principaux demandeurs de calcémie identifiés. Le cancer du sein a occupé 37,5% (n=9) des cancers solides objectivés au renseignement clinique.

Aucune corrélation statistiquement significative n’a été identifiée entre la survenue d’une dyscalcémie et l’âge des patients. La présence d’un cancer évolutif est un facteur de risque de survenue d’une hypercalcémie (OR=1,43 ; IC à 95% = [1,13 – 1,82] ; p=0,00288) (Tableau II).

Tableau I : Corrélation entre dyslipidémies et types d’AVC

Dyslipidémies et types d’AVC

n (%)

OR

IC à 95%

p*

Hypercholestérolémie

AVC-I

27 (45,76)

11

[0,10 – 0,57]

0,009

AVC-H

10 (21,28)

3,88

[0,99 – 4,45]

0,048

HypoLDLémie

AVC-I

33 (55,93)

0,01

[0,50 – 2,16]

0,91

AVC-H

26 (55,32)

0,03

[0,50 – 2,26]

0,84

HyperLDLémie

AVC-I

19 (32,20)

16

[0,01 – 0,34]

0,00005

AVC-H

2 (40,26)

10

[1,84 – 37,98]

0,0015

Hypertriglycéridémie

AVC-I

28 (47,46)

26

[0,01 – 0,21]

0,000000

AVC-H

3 (6,38)

16

[2,76 – 34,59]

0,00005

*En gras les valeurs de p < 0,05

Tableau II : Corrélation entre type de dyslipidémies et antécédents

Type de dyslipidémies et antécédents

n (%)

OR

IC à 95%

p*

Hypercholestérolémie

HTA

Oui

34 (91,89)

4,57

[0,07-0,95]

0,032

Non

3 (8,11)

Diabète

Oui

14 (37,84)

6,64

[0,13-0,77]

0,009

Non

23 (62,16)

Insuffisance Rénale

Oui

4 (10.81)

0,00

[0,30-3,64]

0,94

Non

33 (89.19)

Tabagisme

Oui

10 (27,03)

0,35

[0,54-3,08]

0,55

Non

27 (72,97)

Alcoolisme

Oui

11 (29,73)

1,43

[0,72-3,82]

0,23

Non

26 (70.27)

HypoLDLémie

HTA

Oui

53 (80,30)

0,00

[0,40-2,55]

0,99

Non

13 (19,70)

Diabète

Oui

15 (22,73)

0,01

[0,44-2,48]

0,91

Non

51 (77,27)

Insuffisance Rénale

Oui

9 (13.64)

0,97

[0,13-1,81]

0,32

Non

57 (86.36)

Tabagisme

Oui

24 (36,36)

2,22

[0,23-1,22]

0,13

Non

42 (63,64)

Alcoolisme

Oui

28 (42.42)

1,49

[0,28-1,33]

0,22

Non

38 (57.58)

HyperLDLémie

HTA

Oui

20 (95,24)

3,59

[0,02-1,32]

0,057

Non

1 (4.76)

Diabète

Oui

8 (38,10)

3,25

[0,14-1,10]

0,071

Non

13 (61,90)

Insuffisance rénale

Oui

3 (14.29)

0,26

[0,17-2,79]

0,60

Non

18 (85.71)

Tabagisme

Oui

9 (42,86)

1,75

[0,19-1,37]

0,18

Non

12 (57,14)

Alcoolisme

Oui

9 (42,86)

0,30

[0,29-1,99]

0,58

Non

12 (57,14)

Hypertriglycéridémie

HTA

Oui

25 (80,65)

0,00

[0,34-2,74]

0,96

Non

6 (19,35)

Diabète

Oui

9 (29,03)

0,84

[0,25-1,64]

0,35

Non

22 (70,97)

Insuffisance rénale

Oui

5 (16,13)

1,07

[0,16-1,77]

0,29

Non

26 (83,87)

Tabagisme

Oui

13 (41,94)

2,46

[0,21-1,19]

0,11

Non

18 (58,06)

Alcoolisme

Oui

14 (45,16)

2,46

[0,28-1,49]

0,11

Non

17 (54,84)

*En gras les valeurs de p < 0,05

DISCUSSION

La dyscalcémie témoigne d’un désordre biologique lié à des pathologies pouvant être graves et/ou urgentes. Le dosage de la calcémie est ainsi utile pour dépister ces troubles.  Cette présente étude a pour objectif de déterminer la prévalence et les facteurs associés de la dyscalcémie dans une population Malagasy.

Dans cette étude, la calcémie moyenne a été de 2,63 ± 0,32 mmol/L. Une étude menée par Lindner G et al. en 2013 en Suisse, a permis de trouver une calcémie médiane de 2,72 mmol/L, IQR = [2,64 mmol/L – 2,88 mmol/L] [11] avec des valeurs de référence se situant entre 2,12 mmol/L et 2,62 mmol/L. Ce résultat aurait tendance à retrouver une légère hypercalcémie parmi la population ayant réalisé le dosage dont plus de la moitié était des sujets non hospitalisés considérés le plus souvent comme bien portants.

L’hypercalcémie était plus fréquente dans cette étude avec 48,74% des cas (n=602). Ce résultat retrouvé aurait pu être en relation avec le fait que la majorité des patients étaient des sujets agés. L’hypercalcémie est une anomalie biologique fréquente retrouvée chez 0,001 % de la population générale [12]. Selon Bouhkzar et al, l’hypercalcémie est une situation fréquente et grave en gériatrie [13].

Dans cette étude, le service d’oncologie est le principal service demandeur. Selon la littérature, les tumeurs malignes représentent les principales causes de l’hypercalcémie [12,14,15]. Une étude réalisée dans un service d’oncologie à Antananarivo en 2015 a retrouvé une calcémie totale corrigée moyenne de 3,15 mmol/L [16].

Parmi les patients présentant une hypercalcémie identifiée, la forme légère a été principalement identifiée dans 75,91% des cas. Les formes modérée et sévères ont été vues respectivement dans 21,59% et 2,49% des cas. En Inde en 2022, les formes légère, modérée et sévère étaient retrouvées respectivement dans 43,3% ; 48% et 8,7% [17]. En Tunisie, Annabi A et al. a identifié 40% d’hypercalcémie légère, 34% de forme modérée et 26% de forme sévère [18]. Au Mali, l’hypercalcémie était légère dans 54%, modérée dans 32% et sévère dans 14% des cas [19]. A Madagascar, d’après le travail relaté par Andrianarison VA et al. en 2015 à Antananarivo, l’hypercalcémie a été légère dans 72,22% ; modérée dans 25% et sévère 2,77% [16]. La surveillance clinique et biologique bien établie d’une hypercalcémie, la prise en charge adéquate de la forme légère et modérée pourraient être à l’origine de la fréquence faible de la forme sévère identifiée d’une étude à une autre.

L’hypocalcémie a été retrouvée dans 4,53% (n=56), surtout dans le cadre de bilan de suivi post-opératoire et dans le contexte d’asthénie. Parmi les patients atteints d’une hypocalcémie, la forme modérée (Calcémie ≥ 1,80 mmol/L) a été plus fréquente dans 89,28% des cas. La forme sévère n’a été identifiée que dans 10,71% des cas. En Angleterre en 2013, la forme modérée était plus fréquente dans 49,1% des cas et 6,1% des patients ont eu une forme sévère [20]. Une étude en France en 2018 a montré une fréquence de l’hypocalcémie sévère de 0,37% [21]. Dans la présente étude, la chirurgie cervicale thyroïdienne était l’un des motifs de prescription associé à l’hypocalcémie. La surveillance post-opératoire a probablement permis de dépister et de traiter précocement l’hypocalcémie et de diminuer la survenue des formes sévères à l’origine des proportions basses identifiées dans cette étude.

Dans ce travail, aucune corrélation statistiquement significative n’a été identifiée entre la survenue d’une hypocalcémie et l’âge des patients (p=0,05706). Une étude faite par Somaï et al. a rapporté que la calcémie des sujets plus de 65 ans a été significativement plus basse par rapport à celle des sujets moins de 65 ans pour des patients hospitalisés pour hypoparathyroïdie [22]. Le caractère monocentrique de cette étude aurait pu être à l’origine de la non représentativité de la population générale malgache, et ainsi de l’absence de l’association statistiquement significative identifiée.

La présence d’un cancer évolutif a été statistiquement associée à la survenue d’une hypercalcémie. Cette pathologie exposerait en effet, à plus de risque d’hypercalcémie par rapport aux autres demandes (p=0,00288 ; OR=1,43 ; IC= [1,13 – 1,82]). Elle serait dûe à une résorption osseuse accrue par les ostéoclastes stimulés par les cellules tumorales [23]. Le cancer du sein a été le motif fréquent dans 37,5% des demandes de calcémie parmi les néoplasies. A Madagascar en 2017, le cancer du sein était la tumeur maligne la plus fréquente à Madagascar (33,3% de tous les cancers) selon une étude publiée par Hasiniatsy NRE et al. à Antananarivo [24]. Une étude malgache réalisée par Andrianarison VA et al. en 2015 dans un service d’oncologie à Antananarivo a permis de trouver que le cancer du sein a été la tumeur solide fréquemment trouvée dans 19,44% parmi les patients atteints d’une hypercalcémie [24]. D’après une étude relatée par Shoback D et al. en Inde en 2011, le cancer des poumons occupait plus de 50% des causes tumorales d’une hypercalcémie [25] . La variabilité du type de cancers solides a pu être expliquée par la différence de prévalence et de l’incidence de chaque type de cancer dans chaque pays du monde entier [26]. La présence d’une hypercalcémie reliée au cancer est souvent associée à la propagation de la maladie dans l’organisme [23]

CONCLUSION

Cette étude réalisée au laboratoire de biochimie du CHU JRA d’Antananarivo révèle une prévalence élevée des dyscalcémies (53,27 %) parmi les demandes de dosage de la calcémie. L’hypercalcémie est prédominante et a été associée particulièrement à la présence de cancers évolutifs, notamment le cancer du sein. Ces résultats soulignent l’importance du dosage de la calcémie comme outil de dépistage et de suivi, en particulier chez les patients en oncologie, afin de favoriser une prise en charge adaptée et précoce. Des études multicentriques et portant sur des populations plus larges seraient nécessaires afin de confirmer nos observations et de mieux préciser l’impact clinique des dyscalcémies dans le contexte malgache.

Remerciements : Nous remercions chaleureusement l’équipe du Service de Biochimie du CHU JRA pour leur précieuse collaboration à la réalisation de cette étude.

Conflit d’intérêt : aucun

Liste des tableaux et figure

Tableau I : Répartition de la calcémie en fonction de l’âge et du genre

Tableau II : Association entre présence d'un cancer évolutif et hypercalcémie

Figure 1 : Répartition de la dyscalcémie et leur sévérité

 

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